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Je me permets d'ouvrir un nouveau topic et d'y déplacer le partage de Pierre.
Merci pour ces découvertes, et celles à venir.
Pierre K a écrit:
Saint-Denys Garneau
Accompagnement
Je marche à côté d'une joie
D'une joie qui n'est pas à moi
D'une joie à moi que je ne puis pas prendre
Je marche à côté de moi en joie
J'entends mon pas en joie qui marche à côté de moi
Mais je ne puis changer de place sur le trottoir
Je ne puis pas mettre mes pieds dans ces pas-là
et dire voilà c'est moi
Je me contente pour le moment de cette compagnie
Mais je machine en secret des échanges
Par toutes sortes d'opérations, des alchimies,
Par des transfusions de sang
Des déménagements d'atomes
Par des jeux d'équilibre
Afin qu'un jour, transposé,
Je sois porté par la danse de ces pas de joie
Avec le bruit décroissant de mon pas à côté de moi
Avec la perte de mon pas perdu
s'étiolant à ma gauche
Sous les pieds d'un étranger
qui prend une rue transversale.
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Notice biographique
Hector de Saint-Denys Garneau naît à Montréal le 13 juin 1912. C'est en 1916 que Hermine achète le manoir de Sainte-Catherine-de-Fossambeault (Portneuf) à sa tante Clara Juchereau-Duchesnay. De St-Denys habite avec ses parents le manoir familial. Dès 1920, alors qu'il est âgé de huit ans, il peint sa première toile intitulée Lever de lune. Il poursuit ses études classiques en philosophie et belles lettres dans plusieurs établissements de Québec et Montréal dont le couvent Bon-Pasteur (Québec), le Collège Jean-de-Brébeuf et l'école des Beaux-Arts de Montréal.
Grâce à un poème intitulé Le dinosaure, il remporte le premier prix d'un concours littéraire organisé par la maison Morgan à Montréal. -1928- On lui découvre une lésion au coeur. Son état de santé précaire justifiera plus tard l'arrêt définitif de ses études, à la suite de plusieurs interruptions. Il gagne le premier prix du concours de poésie de l'Association des auteurs canadiens en présentant un poème intitulé Automne.
Il interrompt définitivement ses études à vingt-trois ans, sur recommandation du médecin, et retourne vivre avec ses parents à Ste-Catherine-de-Fossambault. Il maintient cependant des contacts avec ses amis écrivains de Montréal dont Jean Lemoyne, Robert Élie, Claude Hurtubise et André Laurendeau.
Ses oeuvres sont exposées à la Galerie des arts et au Musée des Beaux-arts de Montréal.
Suite à des encouragements soutenus de ses amis écrivains et financé par ses parents, il dirige la publication de Regards et jeux dans l'espace, seul recueil de poésie publié de son vivant.
La réception critique suscite la controverse et, trois semaines après sa publication, St-Denys Garneau retire le recueil du marché. On dit que quelques critiques défavorables eurent sur lui un puissant effet dissuasif. Bien qu'il mette un terme à toute forme d'activité de publication, il poursuivra l'écriture de son journal.
-1941-1943- Il passe sa vie retiré dans le manoir familial et limite ses fréquentations à quelques amis éloignés des cercles littéraires. Il mène une vie simple, au contact de la nature. Le 24 octobre 1943 , le poète meurt d'une défaillance cardiaque à l'âge de trente et un ans, alors qu'il tente de remonter le courant de la rivière Jacques-Cartier.
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GODIN, Gérald
T'en souviens-tu, Godin?
T'en souviens-tu, Godin
astheure que t'es député
t'en souviens-tu
de l'homme qui frissonne
qui attend l'autobus du petit matin
après son chiffre de nuit
t'en souviens-tu des mal pris
qui sont sul'bien-être
de celui qui couche dans la neige
des trop vieux pour travailler
qui sont trop jeunes pour la pension
des mille métiers mille misères
l'amiantosé le cotonisé
le byssinosé le silicosé
celui qui tousse sa journée
celui qui crache sa vie
celui qui s'arrache les poumonsv celui qui râle dans sa cuisine
celui qui se plogue sur sa bonbonne d'oxygène
il n'attend rien d'autre
que l'bon dieu vienne le chercher
t'en souviens-tu
des pousseurs de moppes
des ramasseurs d'urine
dans les hôpitaux
ceux qui ont deux jobbes
une pour la nuitte
une pour le jour
pour arriver à se bûcher
une paie comme du monde
t'en souviens-tu, Godin
qu'il faut rêver aujourd'hui
pour savoir ce qu'on fera demain?
Les botterlots, Montréal, L'Hexagone, 1993, 80 p.
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Gérald Godin, poète Québécois naît à Trois-Rivières et fait ses études au Séminaire Saint-Joseph. Il s'intéresse très tôt au domaine de l'information, devient journaliste aux Nouvelles (1959-1962) et au Nouveau Journal (1962-1963). Il sera journaliste comme on cherche la vérité. Modestement et sans prendre la pose. Gérald Godin travaille aussi à Radio-Canada (1963-1969) comme recherchiste, puis comme chef de nouvelles. Il est directeur général de Québec-Presse de 1969 à 1972. Mais le journaliste ne débouche pas sur l'action, se plaint-il un jour. La politique est pour lui un chemin naturel vers les autres. Il devient député du Parti québécois à l'Assemblée nationale et ministre des Communautés culturelles et de l'Immigration (1976-1985). Il sert son peuple avec la plus grande générosité. Dans un texte écrit pour Le Devoir en avril 1980, Gérald Godin fait le lien entre la poésie et la politique.
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super !!! Contente de voir d'autre mots d'ailleurs. Avec les explications en plus...vraiment genial Merci Pierre et merci Nicole
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Merci Pierre,
Je crois que je vais en lire un peu plus de Gerald Godin...
Pour ce qui est de l'autre texte;
Il court devant, ou il traine derrière
Parfois il marche un peu a nos cotés
Le bonheur
Felix Leclerc
Calepin d'un flaneur
Dernière modification par papi (24-11-2008 16:46:28)
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papi a écrit:
Je crois que je vais en lire un peu plus de Gerald Godin...
Pour ce qui est de l'autre texte;
Il court devant, ou il traine derrière
Parfois il marche un peu a nos cotés
Le bonheur
Felix Leclerc
Calepin d'un flaneur
Il y a plusieurs livres de Godin dans les bibliothèques de l'Outaouais, qu'on peut faire venir à sa succursale.
J'aime beaucoup cette citation de Félix sur le bonheur...
même si on ne le voit pas toujours, il ne faut surtout pas l'oublier !
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Jeudi dernier le 18 décembre 2008, Amir Khadir (de Médecins sans frontières) le premier député de gauche élu au Québec faisait son entrée à l'Assemblée nationale pour prêter serment et prononcer une allocution. Étonnant, il a lu un poème, celui de Gérald Godin que j'ai affiché ici dans cette discussion !!!
Ce parti qui s'appele maintenant Québec Solidaire a été fondé il y a une douzaine d'années. Enfin la voix de la gauche pourra être entendu au gouvernement. On en a grandement besoin. Cet aboutissement est la résultante d'années de travail de bien des militants, j'ai été moi responsable des Communications pour ce parti au début des années 2000.
Un peu plus de politiques sociales-démocrates font partie de la solution à la crise économique actuelle.
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Quel beau message il a passé....ce doit être quelqu'un de bien !
je suis contente ppour le Québec!
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superbe texte.rien a dire c'est explicite et quebecois ou pas j'ai compris le message.
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je déplace cette discussion dans "autour de l'écrit", elle sera plus visible, et je pense que c'est plus sa place
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